Milad Mohammadi, Vardan Hovanissian & Simon Leleux

A la croisée des chemins : Téhéran/Yerevan/Bruxelles

Pour cette nouvelle création conçue à l’initiative de BRuMM, l’Iranien Milad Mohammadi, l’Arménien Vardan Hovanissian et le Belge Simon Leleux croisent leurs univers musicaux pour explorer le thème de la nostalgie dans un périple musical qui se joue des frontières.

 

Portées par l’extrême raffinement du târ, la mélancolie du duduk et les sons profonds du doholla, leurs musiques s’enlacent et se répondent. Elles font écho aux émotions personnelles des instrumentistes, racontent l’expérience du déracinement, évoquent les souvenirs d’Arménie et d’Iran, l’histoire tourmentée de cette région du monde. Mais elles portent aussi des messages d’espoir, de partage et de fraternité.

 

Né en 1969 à Yerevan, en Arménie (à l’époque soviétique), Vardan Hovanissian est installé à Bruxelles depuis de nombreuses années. Vardan est reconnu comme un maître incontesté des instruments à vent traditionnels arméniens. Diplômé du Conservatoire Romanos Melikian de Yerevan, il a été initié au doudouk par son maître Khatchik Khachatryan. Le doudouk, un instrument à anche double de la famille des hautbois, est intimement lié à l’histoire et à l’âme du peuple arménien.

 

Milâd Mohammadi est un virtuose du târ qu’il a étudié dès l’âge de 12 ans à l’école de musique de Téhéran. Ce luth à long manche, au timbre délicat, est l’un des principaux instruments de la musique d’art en Iran et en Azerbaïdjan, également pratiqué en Arménie et en Asie centrale. Outre sa grande maîtrise de la musique classique et traditionnelle persane, Milad cherche constamment à dépasser toutes les limites stylistiques et techniques, puisant dans d’autres traditions culturelles (notamment arabes et indiennes) pour enrichir son expression musicale.

 

Simon Leleux est un musicien belge spécialisé en percussions orientales, en particulier la darbuka et le doholla qu’il étudie auprès de Levent Yildirim, un maître à l’origine de nombreuses innovations sur ce dernier instrument. Si sa maîtrise technique et sa connaissance approfondie de différents répertoires (arabe, ottoman, balkanique, indien…) lui ont permis de partager la scène avec une grande variété d’artistes, le travail de Simon sur le doholla l’a conduit aussi à développer une approche soliste et mélodique de l’instrument.

BRuMM

Bruxelles Musiques Migrantes

 

Depuis 2018, le festival BRuMM est dédié à la promotion des musiques migrantes à Bruxelles. Ville-Monde par excellence, avec plus de 180 nationalités différentes, Bruxelles est le lieu d’existence de répertoires musicaux très riches et d’une grande diversité. Les musiques venues d’ailleurs sont désormais d’ici. Elles se sont perpétuées et réinventées dans un contexte socioculturel bien différent des sociétés qui les ont vues naître. Elles font partie du patrimoine musical bruxellois. Avec le Festival BRuMM – Bruxelles Musiques Migrantes, nous souhaitons participer à leur décloisonnement en créant des espaces de rencontres, de connaissances et d’expériences partagées. Le festival allie concerts, journée d’études, résidence de créations, activités de médiation et productions audiovisuelles.

 

CHANTS D’UN PAYS PERDU

Douleurs de l’exil et nostalgie dans les musiques migrantes

 

Chaque année, les partenaires de BRuMM définissent un thème qui sert de fil rouge à la programmation. En consacrant cette édition aux douleurs de l’exil et à la nostalgie, nous tenions aussi à  rendre hommage à Bernard Lortat-Jacob, figure centrale de l’ethnomusicologie qui nous a quittés l’été dernier à l’âge de 83 ans. Avec l’accord de son épouse Maria Manca, nous avons emprunté le titre du film documentaire qu’il avait co-réalisé avec Hélène Delaporte en 2007 : Chant d’un pays perdu. Nous n’aurions pas trouvé mieux. C’est donc avec une certaine émotion que nous vous invitons à explorer les esthétiques musicales nourries par l’expérience migratoire où la brûlure de la séparation, les épreuves du déracinement et le souvenir nostalgique de la terre qu’on a quittée sont autant de forces créatrices.

 

INFOS : www.brummfestival.be

 

BRuMM est un projet coordonné par le Centre Bruxellois d’Action Interculturelle (CBAI), en partenariat avec La Villa (centre culturel de Ganshoren), la Maison de la Création – MC Bockstael (Laeken), Le Senghor (centre culturel d’Etterbeek), La Maison des Cultures et de la Cohésion Sociale de Molenbeek, le Centre culturel d’Uccle, en partenariat avec le Centre d’Etudes de l’Ethnicité et des Migrations  (CEDEM-ULg) et Digital TransMédia.