Duo Surco

Chili, entre mémoire et résistance

Le duo formé par Felisa Cereceda Parra et Gonzalo Muñoz Tapia propose une plongée dans la mémoire tourmentée du Chili et de sa diaspora. 

 

Près d’un million de Chiliens ont fui la dictature de Pinochet, de 1973 à 1990, et quelques milliers de ces réfugiés politiques ont été accueillis en Belgique à partir de 1975. Les traumatismes de l’exil, les liens gardés avec le pays, la langue et la culture, l’espoir empêché du retour, la perte de repères en même temps que la construction d’un nouveau cadre qui ne pourra tenir sans une pièce majeure : la transmission des histoires familiales… C’est toute cette mémoire que raconte le Duo Surco.

 

« Surco », en espagnol, signifie le sillon. Comme une longue tranchée ouverte dans la terre, le Duo Surco explore la musique populaire chilienne, jalonnée de thèmes universels, entre le passé et le présent. Des chansons d’auteurs et d’autrices, des chansons engagées, des chansons de résistances, des chansons d’amour.

 

Felisa Cereceda Parra a reçu la musique en héritage par sa lignée maternelle. Elle est la fille de Carmen Luisa Cereceda Parra et la petite-fille de Violeta Parra, la grande voix du Chili. Elle étudie au Conservatoire de Mons chez Frédéric Dussenne en 2003. Après avoir participé à plusieurs projets dans différents domaines artistiques, Felisa se tourne vers la musique et forme le duo La Louve Heureuse avec Ylva Berg. Felisa chante tantôt seule ou accompagnée d’autres musiciens autour de la musique latino-américaine. Sa voix, son histoire et les percussions créent un univers propre et profond, où habite l’esprit de Violeta Parra et de l’Amérique latine.

 

Gonzalo Muñoz est né à Valparaiso, au Chili. Depuis l’âge de 4 ans, il ne cesse de chanter, de jouer, et de danser, la cueca notamment, la musique et la danse nationale du Chili. La longue pratique de ce style musical fait de Gonzalo un connaisseur mais surtout une figure très active et engagée à la sauvegarde de ce patrimoine culturel chilien. Après une carrière de danseur, c’est la guitare qui devient son moyen d’expression principal. Aujourd’hui, il compose ses propres cuecas, participe à plusieurs projets musicaux (Surco, Trino Colectivo) et anime des ateliers. 

BRuMM

Bruxelles Musiques Migrantes

 

Depuis 2018, le festival BRuMM est dédié à la promotion des musiques migrantes à Bruxelles. Ville-Monde par excellence, avec plus de 180 nationalités différentes, Bruxelles est le lieu d’existence de répertoires musicaux très riches et d’une grande diversité. Les musiques venues d’ailleurs sont désormais d’ici. Elles se sont perpétuées et réinventées dans un contexte socioculturel bien différent des sociétés qui les ont vues naître. Elles font partie du patrimoine musical bruxellois. Avec le Festival BRuMM – Bruxelles Musiques Migrantes, nous souhaitons participer à leur décloisonnement en créant des espaces de rencontres, de connaissances et d’expériences partagées. Le festival allie concerts, journée d’études, résidence de créations, activités de médiation et productions audiovisuelles.

 

CHANTS D’UN PAYS PERDU

Douleurs de l’exil et nostalgie dans les musiques migrantes

 

Chaque année, les partenaires de BRuMM définissent un thème qui sert de fil rouge à la programmation. En consacrant cette édition aux douleurs de l’exil et à la nostalgie, nous tenions aussi à  rendre hommage à Bernard Lortat-Jacob, figure centrale de l’ethnomusicologie qui nous a quittés l’été dernier à l’âge de 83 ans. Avec l’accord de son épouse Maria Manca, nous avons emprunté le titre du film documentaire qu’il avait co-réalisé avec Hélène Delaporte en 2007 : Chant d’un pays perdu. Nous n’aurions pas trouvé mieux. C’est donc avec une certaine émotion que nous vous invitons à explorer les esthétiques musicales nourries par l’expérience migratoire où la brûlure de la séparation, les épreuves du déracinement et le souvenir nostalgique de la terre qu’on a quittée sont autant de forces créatrices.

 

INFOS : www.brummfestival.be

 

BRuMM est un projet coordonné par le Centre Bruxellois d’Action Interculturelle (CBAI), en partenariat avec La Villa (centre culturel de Ganshoren), la Maison de la Création – MC Bockstael (Laeken), Le Senghor (centre culturel d’Etterbeek), La Maison des Cultures et de la Cohésion Sociale de Molenbeek, le Centre culturel d’Uccle, en partenariat avec le Centre d’Etudes de l’Ethnicité et des Migrations  (CEDEM-ULg) et Digital TransMédia.