Bruxelles, capitale gnawa
Hicham Bilali & Black Koyo
Amel Jem3
Ya raï !
En rendant un vibrant hommage au raï, ce mouvement musical qui a traversé les générations, l’ensemble Amel Jem3 nous invite à un voyage au cœur des passions amoureuses, des sentiments doux-amers et des émotions empreintes de nostalgie.
Né dans les cabarets d’Oran de la première moitié du 20e siècle, dans une Algérie sous colonisation française, le raï plonge ses racines dans les vieilles complaintes bédouines des cheikhs et cheikhates, chanteurs et chanteuses populaires, dont les improvisations se terminaient souvent par l’expression Ya rayi, « Ô mon raï ! », qu’on pourrait traduire par « tel est mon sort », « mon destin », ou encore, « ma poisse », « ma mauvaise étoile ». Sentiment de souffrance, de brûlure, d’impuissance face aux échecs, Ya rayi est aussi l’expression des frustrations et de l’exclusion sociale. Le premier auditoire des icônes du raï , elles-mêmes issues des milieux modestes, sera le petit peuple des périphéries urbaines, migrants de l’exode rural, population déracinée ayant perdu ses repères, aux prises avec la passion malheureuse, le mal du pays, les injustices et les décrets de la fatalité. Le raï chante l’amour, l’alcool, ce goût de l’interdit qui colle aux musiques des bas-fonds et bouleverse les tabous d’une société patriarcale.
Expression populaire majeure au tournant des années 80, le raï propose une étonnante synthèse musicale, entre la chanson égyptienne, les influences espagnoles, la variété française, la rumba cubaine, le jazz, le rock, la pop ou même le reggae. Avec une diffusion de masse grâce aux cassettes audio, il devient l’hymne de la jeunesse algérienne, en butte aux contraintes sociales et politiques. Avec l’émigration, le raï sort de son terroir d’origine et prend souche dans la diaspora maghrébine en Europe avant d’obtenir une reconnaissance internationale. Depuis 2022, le raï est inscrit sur la liste du patrimoine immatériel de l’humanité.
Amel Jem3 est un groupe à géométrie variable, composé d’artistes hommes et femmes, de toutes nationalités et de tous horizons, passionné·es par la musique arabe, dans toute sa diversité. Le nom composé du groupe signifie « espoir » et « union » en arabe. Il a donné le mot « amalgame » (amal al-djamã) en français, ce qui désigne en chimie la fusion entre le mercure et un autre métal et, par métonymie dans le langage courant, la combinaison d’éléments hétérogènes.
INFOS : www.brummfestival.be
BRuMM est un projet coordonné par le Centre Bruxellois d’Action Interculturelle (CBAI), en partenariat avec La Villa (centre culturel de Ganshoren), la Maison de la Création – MC Bockstael (Laeken), Le Senghor (centre culturel d’Etterbeek), La Maison des Cultures et de la Cohésion Sociale de Molenbeek, le Centre culturel d’Uccle, en partenariat avec le Centre d’Etudes de l’Ethnicité et des Migrations (CEDEM-ULg) et Digital TransMédia.